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Plattesteen à Bruxelles : depuis 1936, une brasserie belge qui n’a pas perdu son âme

Alain aux manettes, Juju en cuisine, Marco en salle : une institution du quartier Saint-Jacques où l’on mange belge, fait maison, sans se ruiner.

Marie Struglia

Marie Struglia

Rédactrice humaine · Horeca · BXLove

2 octobre 2026
Bruxelles · Saint-Jacques
94/100 positif
La façade et la terrasse du Plattesteen, brasserie belge depuis 1936, rue du Marché au Charbon à Bruxelles
La façade et la terrasse du Plattesteen, au coin de la rue du Marché au Charbon, dans le quartier Saint-Jacques. © Brasserie Plattesteen · Site officiel📷 Photographie © Brasserie Plattesteen · Site officiel plattesteen.com

À l’angle de la rue du Marché au Charbon et de la rue du Plattesteen, il existe une brasserie où Bruxelles semble avoir décidé de ne pas trop changer. Ou, du moins, de ne pas oublier qui elle est. Ouvert depuis 1936, le Plattesteen cultive une cuisine belge faite maison, des prix accessibles, une terrasse qui prend le soleil et surtout cette atmosphère des établissements qui possèdent une vraie histoire. Aux commandes : Alain, Juju en cuisine, Marco en salle et une équipe dont plusieurs serveurs sont là depuis longtemps.

Il y a des restaurants qui changent de décor tous les cinq ans pour rester dans l’air du temps.

Et puis il y a le Plattesteen.

Ici, le temps a fait son travail sans effacer les traces. Le bois, l’atmosphère de brasserie, le comptoir, les tables, les conversations : la maison a évolué, bien sûr, mais elle est restée, selon les mots d’Alain, « dans son jus ».

Et c’est précisément ce que ses habitués viennent chercher.

En 2026, 90 ans après son ouverture, cette brasserie populaire du centre de Bruxelles continue de faire ce qu’elle sait faire : servir une cuisine belge reconnaissable, accueillir les gens sans cérémonial et préserver un petit morceau de Bruxelles au milieu d’une ville qui bouge très vite. Le site de l’établissement confirme que le Plattesteen occupe les lieux depuis 1936, au rez-de-chaussée d’un immeuble Art déco conçu en 1931.

Une brasserie qui a vu passer Bruxelles

Les murs du Plattesteen auraient probablement quelques histoires à raconter.

Située juste derrière l’Ancienne Belgique, la maison a vu défiler des générations de Bruxellois, de visiteurs et d’artistes. Son livre d’or informel donne presque le vertige : Annie Cordy, Charles Aznavour, Jacques Brel, Édith Piaf, Charles Trenet, Claude François, David Bowie, Elvis Costello, Arno ou encore Indochine sont cités parmi ceux qui s’y sont attablés.

Pas étonnant, finalement, lorsque l’on connaît le quartier.

Le Plattesteen se trouve au cœur de Saint-Jacques, à quelques pas du Manneken-Pis, de Madame Chapeau et de la place de la Vieille Halle aux Blés. Un morceau de ville où se croisent habitants, commerçants, artistes, noctambules et visiteurs de passage. Le quartier est aussi historiquement un lieu important de rencontre pour la communauté LGBTQIA+.

Le Plattesteen n’observe pas cette vie depuis sa vitrine : il en fait partie.

La façade de la Taverne Plattesteen, rue du Marché au Charbon à Bruxelles
La façade de la Taverne Plattesteen, au coin de la rue du Marché au Charbon. © Brasserie Plattesteen · Site officiel

Alain aux manettes, Juju derrière les fourneaux

Pour qu’une institution reste vivante, encore faut-il éviter qu’elle se transforme en musée.

C’est là qu’intervient l’équipe.

Alain veille au bon fonctionnement de la maison. En cuisine, Julien, Juju pour les habitués, défend cette tradition de plats belges faits maison que le Plattesteen souhaite continuer à proposer à des tarifs démocratiques.

La carte ne cherche d’ailleurs pas à jouer aux devinettes.

Croquettes aux crevettes grises, croquettes au fromage de Bruges, chicons au gratin, boulets à la liégeoise, carbonnades à la flamande, filet américain, stoemp-saucisse, moules en saison... Voilà une cuisine qui sait d’où elle vient.

Le stoemp-saucisse est actuellement affiché à 17,50 €, les boulettes sauce tomate et les boulets à la liégeoise à 18,50 €, tandis que les carbonnades à la flamande sont proposées à 21 €. Des tarifs qui illustrent la volonté revendiquée par Alain : conserver une brasserie du centre-ville où l’on peut encore manger belge sans transformer le repas en investissement à long terme.

Et pour terminer très sérieusement ce travail de recherche journalistique, signalons la présence du tiramisu au spéculoos, de la mousse au chocolat belge Callebaut, des crêpes et de la très bruxelloise coupe au spéculoos.

Il y a des informations qu’un média responsable ne peut décemment pas cacher.

Croquettes aux crevettes grises servies au Plattesteen à Bruxelles
Les croquettes aux crevettes grises, une des spécialités belges de la maison. © Brasserie Plattesteen · Site officiel
Carbonnade à la flamande servie au Plattesteen à Bruxelles
La carbonnade à la flamande, mijotée à la bière brune belge. © Brasserie Plattesteen · Site officiel

Une équipe qui compte autant que l’assiette

Le Plattesteen tient aussi à ses visages.

Plusieurs membres du service sont présents depuis longtemps, une stabilité qui se ressent dans une maison où l’accueil fait partie de l’identité. Il y a peu, Marco a rejoint l’équipe comme chef de salle, apportant une nouvelle énergie sans bouleverser l’ADN du lieu.

C’est tout le défi d’une adresse presque nonagénaire : avancer sans devenir méconnaissable.

Au Plattesteen, il ne s’agit donc pas de figer 1936 sous une cloche de verre. Il s’agit plutôt de conserver ce qui mérite de l’être : l’accueil, une cuisine compréhensible, des prix qui restent accessibles et cette sensation d’entrer dans une vraie brasserie plutôt que dans la reconstitution d’une brasserie.

Les tireuses à bière du comptoir du Plattesteen à Bruxelles
Au comptoir, les tireuses ne désemplissent pas. © Brasserie Plattesteen · Site officiel

Et cette terrasse...

Dès que Bruxelles consent à laisser passer quelques rayons de soleil, la terrasse du Plattesteen change de visage.

Installée au coin de la rue du Marché au Charbon, elle fait partie de ces terrasses où l’on s’assied pour boire un verre et où, mystérieusement, une assiette finit souvent par apparaître.

Le restaurant la présente comme l’un des endroits animés du quartier Saint-Jacques. Il suffit de voir le mouvement autour de ses tables pour comprendre pourquoi.

Ici, on regarde Bruxelles passer.

Et Bruxelles regarde parfois votre carbonnade.

Cornet de frites et mayonnaise sur une table du Plattesteen à Bruxelles
Le cornet de frites, indissociable d’une vraie brasserie belge. © Brasserie Plattesteen · Site officiel

Des mariages, des groupes... et toujours la même idée de l’accueil

Alain tient également à ce que la maison reste un lieu où l’on se rassemble.

Le Plattesteen accueille des groupes et des mariages, avec cette même philosophie : une table conviviale, des plats belges et une addition qui reste aussi raisonnable que possible dans le contexte actuel.

Ce positionnement paraît presque simple.

Il est pourtant devenu précieux.

Parce qu’une ville a besoin de nouvelles adresses, évidemment. Mais elle a aussi besoin d’endroits qui restent suffisamment longtemps pour devenir des repères.

Une table du Plattesteen avec frites, stoemp-saucisse et plats belges
À table : frites, stoemp-saucisse et plats belges faits maison. © Brasserie Plattesteen · Site officiel

Le Plattesteen, un morceau de Bruxelles que l’on peut encore goûter

En 1936, personne ne parlait de concept, d’expérience client ou d’adresse « instagrammable ».

On ouvrait une brasserie.

Nonante ans plus tard, le Plattesteen est toujours là.

Le quartier a changé. Bruxelles aussi. Des générations ont occupé les tables, des artistes y ont mangé avant ou après leurs spectacles, des habitués ont transmis l’adresse et le décor a traversé les décennies sans perdre cette chaleur boisée qui fait aujourd’hui partie de son identité.

Alain et son équipe semblent avoir compris quelque chose d’essentiel : moderniser un lieu ne signifie pas forcément effacer ce qui le rend unique.

Alors Juju continue de cuisiner belge. Marco prend soin de la salle. Les anciens de l’équipe accueillent les habitués comme les nouveaux venus. La terrasse se remplit dès que le ciel bruxellois se montre coopératif.

Et le Plattesteen continue son chemin.

Sans faire semblant d’être une institution.

Il lui suffit d’en être une.

📍 Infos pratiques

🏠 Plattesteen — rue du Marché au Charbon 41, 1000 Bruxelles

🇧🇪 Cuisine : brasserie belge, spécialités bruxelloises et plats faits maison

☀️ À ne pas manquer : la grande terrasse au cœur du quartier Saint-Jacques

👥 Groupes & événements : mariages et groupes bienvenus

🌐 Site officiel : plattesteen.com

📞 Téléphone : +32 2 512 82 03

⏰ Horaires annoncés : lundi au vendredi de 11h à 22h30 ; samedi et dimanche de 11h à minuit. La cuisine ferme entre 15h et 18h.

🔗 Sources & liens vérifiables

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